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Il existe probablement quelque part un tatoueur avec 800 abonnés dont l?agenda est bien rempli.

Et un autre avec 15 000 abonnés qui se demande pourquoi son téléphone ne sonne pas davantage.

Ce paradoxe mérite qu?on s?y arrête.

Parce qu?il révèle une confusion devenue très fréquente :

nous avons fini par confondre audience et clientèle.

Or ce ne sont pas les mêmes choses.


Instagram te montre. Il ne te choisit pas.


Instagram est une vitrine extraordinaire.

Quelqu?un peut découvrir ton travail depuis son canapé.

Observer ton univers.

Faire défiler tes réalisations.

T?enregistrer dans ses favoris.

S?abonner.

Regarder tes stories pendant six mois.

Et ne jamais prendre rendez-vous.

Pourquoi ?

Parce que la visibilité ne constitue que la première étape.

La formation De l?ombre à la lumière fait justement la distinction entre être visible et être reconnu.

Et j?ajouterais une troisième étape :

être choisi.

C?est celle qui paie tes factures.


Un abonné n?est pas un client


Cela paraît évident.

Pourtant, regarde la manière dont nous mesurons souvent une publication.

Combien de vues ?

Combien de likes ?

Combien de nouveaux abonnés ?

Combien de partages ?

Ces données peuvent être utiles.

Mais il manque une question :

« Est-ce que cette publication rapproche quelqu?un d?une prise de rendez-vous ? »

Une publication à 10 000 vues qui attire principalement d?autres tatoueurs peut flatter ton ego.

Une publication vue par 300 personnes, dont plusieurs habitent à trente kilomètres de ton studio et correspondent parfaitement à ton univers, peut avoir beaucoup plus de valeur.

La meilleure audience n?est pas forcément la plus grande.

C?est celle qui contient tes futurs clients.


Le piège du tatoueur devenu créateur de contenu


Il faut publier.

Faire des stories.

Tourner des Reels.

Trouver une musique.

Monter la vidéo.

Écrire la légende.

Chercher les hashtags.

Répondre aux commentaires.

Puis recommencer.

À force, quelque chose d?étrange peut arriver.

Le tatoueur consacre tellement d?énergie à devenir performant sur Instagram?

qu?il finit presque par exercer un deuxième métier :

créateur de contenu.

Or ce n?est pas nécessairement ce dont son activité a besoin.

Le PDF prévoit d?ailleurs explicitement une stratégie de régularité sans burn-out, ainsi qu?un calendrier de publication prêt à l?emploi.

C?est révélateur.

Le but n?est pas de publier davantage.

Le but est de publier avec une fonction précise.


Chaque publication devrait accomplir un travail


Une publication peut montrer ton style.

Une autre peut rassurer.

Une autre expliquer ta méthode.

Une autre montrer les coulisses.

Une autre raconter l?histoire d?un projet.

Une autre présenter ton environnement.

Une autre répondre à une inquiétude fréquente.

Tout ne doit pas vendre.

Mais tout devrait contribuer progressivement à répondre à cette question :

« Pourquoi devrais-je lui faire confiance ? »

La formation recommande notamment de montrer les coulisses techniques : stencil, hygiène, organisation du matériel ou qualité de l?encrage.

Ces éléments peuvent communiquer le sérieux du tatoueur sans qu?il ait besoin de proclamer qu?il est professionnel.

Voilà du contenu utile commercialement.

Pas parce qu?il « fait des vues ».

Parce qu?il construit une perception.


Regarde maintenant ton compte différemment


Imagine qu?une personne découvre ton Instagram ce soir.

Elle ne connaît rien de toi.

Elle regarde neuf publications.

Que comprend-elle ?

Quel type de tatoueur es-tu ?

Quels projets aimes-tu ?

Comment travailles-tu ?

Où es-tu situé ?

Quelle atmosphère règne dans ton univers ?

Peut-elle voir ton professionnalisme ?

Peut-elle imaginer une séance avec toi ?

Et surtout :

sait-elle ce qu?elle doit faire si elle souhaite te confier son projet ?

Si toutes ces réponses sont floues, publier trois fois plus ne résoudra probablement pas le problème.

Tu rendras simplement le flou trois fois plus visible.


300 bonnes personnes peuvent valoir davantage que 30 000 inconnus


C?est particulièrement vrai pour le tatouage.

Un tatoueur travaille généralement dans une zone géographique déterminée.

Il n?a pas nécessairement besoin que son Reel soit vu à Los Angeles, Tokyo et Buenos Aires.

Il a besoin que les bonnes personnes puissent :

le découvrir, le comprendre, lui faire confiance et le contacter.

Et la stratégie change selon l?endroit où il travaille.

Le PDF distingue d?ailleurs clairement le contexte urbain du contexte rural.

En ville, il recommande davantage la différenciation, une image professionnelle forte et les collaborations locales.

En campagne, la proximité, la confiance, la fidélisation et le bouche-à-oreille prennent davantage de poids.

Cette distinction est essentielle.

Parce que le marketing d?un tatoueur ne devrait jamais être copié-collé.


Le tatoueur rural qui veut devenir influenceur


Prenons volontairement un exemple caricatural.

Un tatoueur travaille dans une commune de 8 000 habitants.

Il passe des heures à essayer d?obtenir 50 000 vues sur TikTok.

Pendant ce temps, il n?a jamais pris contact avec :

le barbier situé à 300 mètres,

le photographe local,

le salon de coiffure voisin,

les associations,

les commerces fréquentés par sa clientèle,

ou les événements artistiques de son secteur.

Il cherche une audience mondiale?

alors que ses prochains clients vivent peut-être à dix kilomètres.

La formation va jusqu?à rappeler qu?en zone rurale, un flyer bien placé dans un salon de coiffure peut parfois rapporter davantage qu?une publicité Instagram.

Voilà une phrase que j?aime beaucoup.

Parce qu?elle remet Instagram à sa juste place :

un outil parmi d?autres.


Et si Instagram disparaissait demain ?


Voici un exercice intéressant.

Imagine que ton compte disparaisse ce soir.

Combien de personnes continueraient à parler de toi ?

Combien de clients possèdent tes coordonnées ?

Combien te rechercheraient directement sur Google ?

Combien de commerçants ou professionnels locaux connaissent ton travail ?

Combien d?anciens clients te recommanderaient ?

Combien reviendraient ?

Si la réponse est « presque personne »?

Tu n?as peut-être pas encore construit une réputation.

Tu as construit une audience dépendante d?une plateforme.

Et ce n?est pas la même chose.


Le bouche-à-oreille possède quelque chose qu?Instagram n?aura jamais


La confiance transférée.

Quand une publicité dit :

« Ce tatoueur est excellent. »

Tu sais qu?il s?agit d?une publicité.

Quand le tatoueur lui-même dit :

« Je fais un excellent travail. »

Tu restes prudent.

Mais lorsque ton meilleur ami te dit :

« Va chez lui. J?y suis allé. Tu peux lui faire confiance. »

La situation change.

Une partie de sa confiance vient de t?être transférée.

C?est pourquoi l?expérience client et la recommandation occupent une place aussi importante dans la formation.


Alors, que faut-il faire d?Instagram ?


L?utiliser.

Mais arrêter de le vénérer.

Ne demande pas :

« Comment obtenir plus de likes ? »

Demande :

« Que doit comprendre mon futur client après avoir vu cette publication ? »

Ne demande pas :

« Comment faire davantage de vues ? »

Demande :

« Est-ce que les bonnes personnes me voient ? »

Et surtout, ne demande pas seulement :

« Combien me suivent ? »

Demande :

« Combien me font confiance ? »

Parce qu?au bout du compte?

un like ne prend pas rendez-vous.

Une personne, oui.

Et cette personne ne confiera pas sa peau à ton nombre d?abonnés.

Elle la confiera au tatoueur qu?elle aura décidé de croire.

? Découvrir De l?ombre à la lumière