Quand tu tatoues de la peau humaine pour la première fois, il n?y a pas de retour en arrière.
Chaque ligne compte.
Chaque geste est définitif.
C?est pour ça que, comme beaucoup d?apprentis, j?ai commencé? sur moi-même.
Pas par héroïsme.
Mais parce que c?était la seule option qui me semblait raisonnable à l?époque.
J?étais tendue comme jamais.
Alors j?ai demandé à un tatoueur de la boutique de me dessiner un immense rectangle noir sur la cuisse.
L?idée : m?entraîner à tracer des lignes à l?intérieur. Puis tout recouvrir en ombrage.
J?avais trouvé mon ?terrain de jeu?.
Mais à quel prix?
Aujourd?hui encore, cette peau est marquée.
Cicatrisée.
Abîmée.
Pas parce que j?étais mauvaise.
Mais parce que je ne connaissais pas les bons gestes.
Parce que j?apprenais dans la douleur, au lieu d?apprendre dans la compréhension.
Je passais des heures en boxers, assise dans la boutique, à me tatouer la cuisse.
Quand les clients arrivaient, je devais leur parler à moitié nue, en train de saigner, le teint pâle et les tripes à l?envers.
C?était horrible.
Mais je voulais progresser.
Alors je continuais.
Et aujourd?hui, avec le recul, je comprends.
Se tatouer soi-même t?apprend énormément :
Mais est-ce que tu dois passer par là pour progresser ?
Non.
À mes débuts, je voyais la fausse peau comme un jouet.
Pas assez ?réaliste?.
Pas assez ?pro?.
Mais j?avais tort.
La fausse peau, c?est ton meilleur coach au début :
J?aurais aimé en avoir plus.
J?aurais évité bien des cicatrices.
Et j?aurais gagné du temps.
Si tu débutes en tatouage, tu n?as pas besoin de saigner pour progresser.
Tu as besoin de structure, de régularité et de méthode.
Commence avec de la fausse peau.
Apprends les vrais gestes.
Et surtout, forme-toi avec quelqu?un qui sait de quoi il parle.
? Dans La Théorie du Tatouage, je t?enseigne tout ce que j?ai appris à la dure.
Mais toi, tu n?auras pas à souffrir pour le comprendre.