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Un client s?assoit devant toi.

Tu lui demandes ce qu?il souhaite.

Il répond :

« Un phénix. »

Demande claire.

Tu pourrais presque ouvrir ta tablette immédiatement.

Chercher une posture.

Construire les ailes.

Réfléchir à la composition.

Choisir un style.

Mais tu peux aussi poser trois mots :

« Pourquoi un phénix ? »

Et parfois?

la séance change complètement.


Il voulait un phénix jusqu?à ce qu?il commence à parler


Imaginons sa réponse.

« J?ai traversé une période assez compliquée. »

Tu ne dis rien.

Il continue.

Séparation.

Maladie.

Perte d?un emploi.

Dépression.

Peu importe l?histoire.

Puis cette phrase :

« Aujourd?hui, j?ai l?impression d?être enfin sorti de tout ça. »

Voilà.

Le phénix vient de disparaître.

Pas du tatouage.

De la véritable demande.

Le client ne cherche peut-être pas principalement à porter un bel oiseau mythologique.

Il cherche à matérialiser quelque chose :

je suis passé par là et je me suis relevé.

La formation aborde précisément cette fonction du tatouage : certains motifs deviennent des symboles de résilience, de force intérieure ou d?expériences ayant profondément façonné la personne.

À partir de cet instant, tu possèdes une information que Pinterest ne pouvait pas te donner.


Le piège du « Qu?est-ce que tu veux ? »


Cette question est évidemment indispensable.

Mais elle ne suffit pas toujours.

« Qu?est-ce que tu veux ? »

appelle généralement une réponse visuelle.

Une rose.

Un serpent.

Une tête de mort.

Une date.

Un papillon.

Une phrase.

Un portrait.

Le client te donne l?objet.

Mais pour certains projets, le travail intéressant commence avec une autre question :

« Qu?est-ce que cela représente pour toi ? »

Là, tu ne demandes plus ce qu?il veut voir.

Tu découvres ce qu?il veut ressentir, conserver, montrer ou se rappeler.

Et les réponses peuvent être complètement différentes.


Une rose n?est pas une rose


Prenons un motif extrêmement banal.

Une rose.

Client A :

« J?adore les roses. »

Client B :

« Ma mère cultivait des roses. »

Client C :

« C?était la fleur de mon mariage. »

Client D :

« Je veux quelque chose qui représente une période de ma vie que je viens de terminer. »

Quatre roses.

Mais psychologiquement?

quatre tatouages complètement différents.

Le premier peut être essentiellement esthétique.

Le deuxième est mémoriel.

Le troisième matérialise un lien.

Le quatrième accompagne une transformation.

Si tu ne poses aucune question, tu peux parfaitement réaliser quatre magnifiques roses.

Techniquement réussies.

Mais tu as peut-être raté une occasion :

faire correspondre davantage chacune d?elles à ce qu?elle signifie réellement.

La formation insiste justement sur l?écoute du récit du client afin d?identifier les émotions, expériences et valeurs qu?il souhaite exprimer avant de les traduire en motifs et symboles.


Le client ne sait pas toujours expliquer ce qu?il cherche


Et c?est là que cela devient intéressant.

Certains clients arrivent avec une histoire extrêmement précise.

D?autres non.

Ils disent :

« J?ai juste envie de ça. »

Et cette réponse doit évidemment être respectée.

Il ne faut surtout pas chercher une blessure d?enfance derrière chaque papillon !

Tous les tatouages n?ont pas besoin d?avoir une signification profonde.

Un tatouage peut parfaitement exister parce qu?il est beau.

Parce qu?il amuse.

Parce que le client aime ce style.

Parce qu?il avait envie de se faire tatouer.

Point.

Mais lorsqu?une dimension émotionnelle existe?

il serait dommage de passer à côté simplement parce que personne n?a posé la question.


Ton rôle n?est pas de devenir psychologue


Voilà une frontière importante.

Le titre de la formation pourrait donner une fausse impression.

Psychologie et tatouage ne signifie pas :

diagnostiquer ton client,

interpréter son passé,

chercher des traumatismes,

lui expliquer ce qu?il ressent.

Ce n?est pas ton métier.

L?approche proposée dans la formation est beaucoup plus simple : comprendre les motivations et les perceptions du client afin de concevoir un tatouage plus personnel et significatif.

Autrement dit :

tu n?analyses pas ton client.

Tu apprends à mieux écouter sa demande.

Nuance essentielle.


Le test des trois « pourquoi »


Je te propose un petit outil.

Pas un questionnaire.

Pas une fiche de douze pages.

Trois questions possibles.

Tu n?es même pas obligé de toutes les poser.

1. Pourquoi ce motif ?

C?est la porte d?entrée.

« Pourquoi un loup ? »

« Pourquoi cette fleur ? »

« Pourquoi cette phrase ? »

Puis écoute.

2. Qu?est-ce qui compte le plus pour toi dans cette idée ?

Cette question est très intéressante lorsque le client t?apporte plusieurs éléments.

Il veut :

un arbre,

une horloge,

trois dates,

un oiseau,

une phrase,

des fleurs?

Nous connaissons tous ce genre de projet.

Demande :

« Si je devais absolument conserver une seule idée dans tout ça, laquelle serait indispensable ? »

Tu viens peut-être de découvrir le c?ur du tatouage.

3. Qu?aimerais-tu ressentir lorsque tu le regarderas ?

Question différente.

Le client peut répondre :

« penser à elle ».

« me rappeler ce que j?ai traversé ».

« sourire ».

« me sentir plus fort ».

« rien de spécial, je veux juste qu?il soit superbe ».

Toutes ces réponses sont valables.

Mais elles ne conduisent pas nécessairement au même design.


Écoute les mots qui reviennent


Voilà quelque chose de très simple.

Lorsqu?un client raconte son projet, certains mots reviennent parfois plusieurs fois.

Force.

Liberté.

Famille.

Recommencer.

Protection.

Souvenir.

Indépendance.

Calme.

Ne cherche pas à les interpréter.

Repère-les simplement.

Ils peuvent t?aider à comprendre ce qui compte réellement.

La formation donne d?ailleurs plusieurs exemples de tatouages liés à la résilience, au renouveau et à la croissance, où le symbole devient un rappel visuel de l?expérience vécue.

Tu peux ensuite revenir au dessin avec une question beaucoup plus précise :

Est-ce que ma proposition traduit vraiment cette idée ?

Et là, ton métier de créateur reprend toute sa place.


Le symbole évident n?est pas toujours la meilleure réponse


Le client dit :

« Renaissance. »

Ton cerveau répond :

« Phénix. »

Logique.

Mais justement?

peut-être trop logique.

Pourquoi ne pas chercher plus loin ?

Quel élément de son histoire pourrait représenter cette renaissance ?

Un lieu ?

Un objet ?

Une plante ?

Une date ?

Une image liée à un souvenir ?

Une transformation graphique ?

Un symbole personnel que personne d?autre ne comprendrait immédiatement ?

C?est ici que la psychologie devient intéressante artistiquement.

Elle ne sert pas seulement à mieux comprendre le client.

Elle peut t?aider à sortir des symboles génériques.

La formation propose de traduire les récits personnels en motifs et symboles correspondant aux valeurs et aux expériences du client.

J?irais même un peu plus loin :

le premier symbole qui vient à l?esprit est parfois seulement le début de la recherche.


Et si tu dessinais l?émotion plutôt que le symbole ?


Prenons :

liberté.

Réponse immédiate :

oiseau.

Mais la liberté peut aussi être :

un horizon,

une porte ouverte,

un mouvement,

une ligne qui se libère,

un espace,

une composition qui respire.

Prenons :

résilience.

Réponse immédiate :

phénix.

Mais la résilience peut aussi être exprimée par :

une matière cassée puis reconstruite,

une plante traversant une fissure,

un contraste entre deux états,

une cicatrice intégrée intelligemment au projet.

Là, nous quittons le catalogue de symboles.

Nous entrons dans la création.


Une excellente consultation peut commencer par du silence


Voici peut-être le conseil le plus difficile.

Tu poses ta question :

« Pourquoi ce tatouage ? »

Le client commence à répondre.

Puis il cherche ses mots.

Silence.

Ne le remplis pas immédiatement.

Laisse-le réfléchir.

Parce que parfois, c?est après quelques secondes que vient la phrase importante.

Pas parce que tu pratiques une technique psychologique sophistiquée.

Simplement parce que tu lui laisses le temps d?expliquer quelque chose qu?il n?avait peut-être jamais formulé.

Et cette phrase peut devenir le point de départ du tatouage.


Tu ne tatoues pas nécessairement ce qu?il raconte


Autre précaution importante.

Comprendre l?histoire ne signifie pas devoir tout mettre dans le dessin.

Au contraire.

Ton client peut te raconter vingt années de sa vie.

Tu n?as pas besoin de tatouer les vingt années.

Parfois, ton travail consiste justement à trouver :

l?image qui contient beaucoup sans montrer beaucoup.

Et ça rejoint parfaitement notre obsession actuelle chez ALT :

simplifier.

Une idée forte.

Un symbole juste.

Une composition claire.

Pas l?intégralité de la biographie sur l?avant-bras.


Le vrai sur-mesure commence peut-être ici


On parle beaucoup de tatouage personnalisé.

Souvent, cela signifie :

« J?ai dessiné le motif spécialement pour mon client. »

Très bien.

Mais il existe un niveau supplémentaire.

Tu peux dessiner quelque chose spécialement pour quelqu?un?

sans avoir réellement compris pourquoi cette personne le voulait.

Le véritable sur-mesure pourrait donc commencer avant Procreate.

Avant le croquis.

Avant Pinterest.

Avant le stencil.

Dans la conversation.

C?est précisément le fil conducteur de Comment la psychologie influence la perception des tatouages : comprendre comment identité, émotions, culture, appartenance, couleur, placement et contexte influencent la manière dont un tatouage sera vécu et perçu.

La formation est courte.

Elle ne fera pas de toi un psychologue.

Et ce n?est surtout pas son objectif.

Elle peut en revanche t?aider à devenir quelque chose de beaucoup plus utile dans ton métier :

un tatoueur qui entend parfois ce que son client n?a pas encore réussi à dessiner.

Alors, lors de ta prochaine consultation, avant d?ouvrir ta tablette, essaie simplement :

« Pourquoi celui-là ? »

Et écoute la réponse.

? Découvrir la formation Comment la psychologie influence la perception des tatouages