builderall

Toute la semaine, nous avons parlé d?argent.

Mais je ne t?ai toujours pas dit :

« Tu devrais facturer X ? de l?heure. »

Ni :

« Augmente tes prix. »

Ni :

« Tu es trop cher. »

C?est volontaire.

Parce qu?après cinq jours, une chose devrait commencer à apparaître :

le montant de ton prix n?est qu?une partie du problème.

Tu peux être peu cher et avoir construit un modèle parfaitement viable.

Tu peux être cher et courir malgré tout après la rentabilité.

Tu peux avoir beaucoup de clients et gagner correctement ta vie.

Tu peux avoir beaucoup de clients et t?épuiser.

Tu peux faire des remises intelligentes.

Tu peux aussi négocier contre toi-même avant même que ton client ne te le demande.

Alors aujourd?hui, je te propose quelque chose de très simple.

Prends un tarif que tu pratiques régulièrement.

Et faisons-le passer à travers cinq questions.

Pas pour décider immédiatement s?il faut le modifier.

Pour savoir si tu peux expliquer pourquoi il existe.


Question 1 ? Sais-tu ce que ton prix doit réellement payer ?


Imaginons que tu factures un projet :

150 ?.

Que doivent financer ces 150 ? ?

La réponse évidente serait :

« Mon travail. »

Oui.

Mais lequel ?

Le temps passé avec la machine en main ?

Le dessin ?

Les échanges avec le client ?

La préparation ?

Le nettoyage ?

L'administratif ?

Les consommables ?

Ton local ?

Ton matériel ?

Tes assurances ?

Tes cotisations ?

Et, détail assez important :

ce qui doit te rester pour vivre.

La formation distingue justement le prix affiché du véritable prix plancher, calculé à partir des charges, du rythme de travail, du revenu nécessaire et des temps invisibles consacrés aux projets. Prix juste, posture forte

Nous l?avons vu lundi :

un tattoo de trente minutes peut parfaitement occuper plus de deux heures de ton activité.

Premier test

Complète cette phrase :

« Mon prix de ___ ? me permet de couvrir __________. »

Si tu ne sais pas vraiment quoi mettre après « couvrir »?

ne change encore rien.

Mais mets un premier point d?interrogation à côté de ton tarif.


Question 2 ? Ton prix te permet-il de travailler au rythme que tu souhaites ?


Mardi, nous avons fait disparaître mentalement 20 % de tes rendez-vous.

Reprenons cette idée.

Imaginons que ton activité fonctionne uniquement si tu tatoues :

5 jours par semaine,

avec plusieurs rendez-vous par jour,

presque sans annulation,

et avec très peu de journées non facturées.

Tout peut fonctionner.

Mais est-ce le rythme que tu as choisi ?

C?est une question différente.

Tu peux parfaitement aimer travailler beaucoup.

Le problème apparaît lorsque tu aimerais ralentir?

mais que ton tarif ne te le permet pas.

La formation considère justement le surbooking accompagné de revenus insuffisants, la surcharge et la perte de temps créatif comme des signaux possibles d?un système tarifaire à examiner. Prix juste, posture forte

Deuxième test

Complète :

« Avec mes prix actuels, j?ai besoin de réaliser environ ___ projets par mois pour que mon activité fonctionne. »

Puis :

« Ce rythme me convient : OUI / NON. »

Cette deuxième réponse est presque aussi importante que la première.


Question 3 ? Sais-tu réellement comment tes clients réagissent à ton prix ?


Mercredi, nous avons attaqué :

« Ici, personne ne paiera plus. »

Peut-être que c?est vrai.

Mais nous avons remplacé une impression par quelque chose de plus utile :

observer.

Combien de devis envoies-tu ?

Combien sont acceptés ?

Combien sont refusés explicitement pour le prix ?

Combien sont reportés ?

Combien disparaissent sans que tu saches pourquoi ?

Parce que :

« Trois personnes m?ont dit que c?était cher »

ne signifie pas nécessairement :

« Ma clientèle refuse mes prix. »

Troisième test

Complète :

« Sur mes ___ derniers devis, ___ ont réellement été refusés à cause du prix. »

Tu n?as aucune idée de la réponse ?

Voilà une information intéressante.

Tu prends peut-être des décisions tarifaires à partir d?une réaction que tu ne mesures pas.


Question 4 ? Ton prix est-il fixe jusqu?à ce que quelque chose change dans le projet ?


Jeudi et vendredi nous ont conduits ici.

Tu annonces 180 ?.

Le client hésite.

Et ton prix devient 160.

Pourquoi ?

Si le projet est plus petit, plus simple ou différent, très bien.

Le prix a changé parce que l?offre a changé.

Mais si absolument rien n?a changé sauf l?expression du client?

la question devient plus délicate.

La formation met précisément en garde contre les remises accordées automatiquement par peur de perdre le client, parce qu?elles peuvent rendre le tarif instable et négociable. Prix juste, posture forte

Quatrième test

Regarde tes cinq dernières remises.

Combien étaient :

choisies ?

liées à une modification du projet ?

accordées uniquement pour éviter de perdre le client ?

Puis complète :

« Mon tarif change lorsque __________. »

La réponse devrait t?apprendre beaucoup.


Question 5 ? Peux-tu annoncer ton prix en une phrase ?


Nous arrivons à la plus courte des cinq questions.

Imagine ton client devant toi.

Annonce ton prix :

« Pour ce projet, le tarif est de 180 ?. »

Puis arrête-toi.

Comment te sens-tu ?

À l?aise ?

Ou as-tu immédiatement envie d?ajouter :

« Parce que? »
« Mais? »
« Normalement? »
« Je sais que ça fait un budget? »

Ce test ne dit pas si 180 ? est un bon prix.

Il révèle autre chose :

est-ce que toi, tu sembles croire à ce prix ?

La formation distingue justement le calcul du tarif de la capacité à l?annoncer clairement et sans stress ; elle recommande d?éviter le flou et de poser le cadre en amont. Prix juste, posture forte

Cinquième test

Complète simplement :

« Pour ce projet, le tarif est de ___ ?. »

Point.

Si le point te paraît inconfortable, note-le.

Nous nous en occuperons plus tard.


Maintenant, regarde tes cinq réponses


Ton prix tient probablement plutôt bien debout si :

tu sais ce qu?il doit couvrir,

il permet un rythme de travail qui te convient,

tu connais réellement la réaction de ta clientèle,

ses variations répondent à une logique,

et tu peux l?annoncer sans avoir immédiatement besoin de le défendre.

Si plusieurs réponses restent floues, ne conclus surtout pas :

« Il faut que j?augmente mes prix. »

Ce serait aller beaucoup trop vite.

Tu viens seulement d?identifier où regarder.

Et c?était précisément l?objectif de cette semaine.


Alors : prix bas ou prix élevés ?


Nous pouvons maintenant revenir à notre question de départ.

Faut-il pratiquer des prix bas pour avoir davantage de clients ?

Ou des prix élevés pour mieux valoriser son travail ?

Après six jours, ma réponse est :

ce n?est toujours pas la bonne question.

Un prix bas peut être cohérent.

Un prix élevé peut être cohérent.

Et les deux peuvent également être complètement absurdes.

Ce qui compte, c?est ce qui se trouve derrière le chiffre.

Pourquoi ce prix ?

Que finance-t-il ?

Quel rythme impose-t-il ?

Comment ta clientèle y réagit-elle ?

Dans quelles circonstances le modifies-tu ?

Peux-tu l?annoncer clairement ?


Ton prix n?est pas seulement ce que paie ton client


Il organise aussi ton activité.

Il détermine en partie combien de projets tu dois réaliser.

Le temps que tu peux consacrer à chacun.

La place que tu peux laisser au dessin.

À la communication.

À la formation.

Au repos.

Et parfois simplement?

au plaisir de tatouer.

C?est pourquoi un prix trop bas ne se mesure pas uniquement en euros perdus.

Et un prix élevé ne devient pas juste simplement parce qu?il est élevé.


Garde cette fiche


Pour ton prochain tarif, pose-toi ces cinq questions :

1. Qu?est-ce que ce prix doit réellement couvrir ?

2. Quel rythme de travail m?impose-t-il ?

3. Comment mes clients y réagissent-ils réellement ?

4. Pourquoi et quand est-ce que je le modifie ?

5. Puis-je l?annoncer simplement ?

Si tu peux répondre clairement aux cinq :

excellent.

Si tu bloques sur deux ou trois :

encore mieux.

Parce que tu viens de trouver les endroits où ton système mérite d?être travaillé.


Et lundi, nous allons changer de question


Cette semaine, nous avons essentiellement demandé :

« Qu?est-ce qui ne va peut-être pas dans ma façon de fixer et de vivre mes prix ? »

La semaine prochaine, nous passerons à :

« Comment construire quelque chose de plus solide ? »

Nous parlerons chiffres.

Mais pas seulement.

Nous parlerons valeur.

Positionnement.

Choix.

Clients.

Et surtout de cette chose étrange qui fait que deux tatoueurs peuvent parfois annoncer deux tarifs très différents?

et que leurs clients trouvent pourtant les deux parfaitement cohérents.