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Tu viens de terminer ton dessin.

Tu le regardes sur ton écran.

Tout fonctionne.

La composition semble équilibrée.

Les proportions sont bonnes.

Les différents éléments trouvent naturellement leur place.

Tu peux enfin passer au stencil.

Tu l'appliques.

Tu regardes.

Puis tu recules légèrement.

Et là?

quelque chose vient de changer.

Le dessin est pourtant exactement le même.

Alors pourquoi paraît-il soudain moins équilibré ?

Bienvenue dans l'un des problèmes les plus intéressants du tatouage.


Ton dessin n'a pas changé


C'est la première chose à comprendre.

Le cercle est toujours le même cercle.

Les lignes sont toujours les mêmes lignes.

Les proportions n'ont pas été volontairement modifiées.

Et pourtant, ton ?il ne perçoit plus exactement la même chose.

Pourquoi ?

Parce que tu viens de faire passer ton dessin d'un monde à un autre.

Du plan au volume.

Ton écran possède une surface plane.

Ta feuille également.

La peau, non.

Et cette différence paraît anodine?

jusqu'au moment où tu dois y placer précisément un dessin.


Le corps n'est pas une feuille de papier


Cela semble tellement évident qu'on pourrait presque considérer cette phrase comme inutile.

Mais ses conséquences sont énormes.

Regarde une épaule.

Elle possède une courbure.

Regarde un avant-bras.

Sa surface tourne progressivement autour de l'axe du bras.

Regarde un mollet.

Ses volumes changent selon l'endroit où tu observes la jambe.

Même une zone qui paraît relativement plate possède des variations.

Et lorsque tu places une forme géométrique sur ces volumes, sa perception peut changer.

La formation donne un exemple très parlant : un cercle parfaitement rond à plat peut paraître ovale lorsqu'il est placé sur une épaule si la courbure n'a pas été anticipée.

Le problème n'est donc pas le cercle.

C'est la relation entre le cercle et son support.


Voilà pourquoi savoir dessiner ne suffit pas


Attention.

Je ne suis évidemment pas en train de dire que le dessin est secondaire.

Il est fondamental.

Mais le tatouage ajoute quelque chose que l'illustrateur sur papier n'a pas à gérer de la même manière :

une surface vivante en trois dimensions.

Ton dessin doit fonctionner :

de face,

de trois quarts,

lorsque le bras tourne,

lorsque la personne se tient debout,

et parfois lorsqu'elle bouge.

Cela change complètement la réflexion.

Le tatoueur ne doit donc pas seulement se demander :

« Est-ce que mon dessin est beau ? »

Il doit également se demander :

« Est-ce que ce dessin fonctionnera sur CETTE partie de CE corps ? »

Et ce n'est plus tout à fait la même compétence.


C'est ici que la géométrie devient intéressante


Le mot peut faire peur.

Ou rappeler de mauvais souvenirs scolaires.

Angles.

Théorèmes.

Calculs.

Compas.

Mais ce n'est pas de cette géométrie-là dont nous avons principalement besoin ici.

Dans le tatouage, elle devient un langage permettant de réfléchir à :

la forme,

la proportion,

la symétrie,

l'équilibre,

la direction,

l'espace,

la composition.

La formation commence d'ailleurs par les formes fondamentales ? cercle, triangle, carré et lignes ? non pas comme une fin artistique, mais comme des éléments capables de structurer une composition.

Et soudain, le sujet devient beaucoup moins abstrait.


Prenons une composition florale


Aucun motif géométrique apparent.

Des fleurs.

Des feuilles.

Quelques éléments secondaires.

Pourtant, regarde la structure.

Où se trouve la fleur principale ?

Quelle masse occupe-t-elle ?

Quelle direction suit la composition ?

Comment les éléments secondaires ramènent-ils l'?il vers elle ?

Quelle quantité d'espace existe entre chaque élément ?

Quel est l'axe général du tattoo ?

Tu es déjà en train de parler de géométrie.

Simplement?

elle ne se voit pas.

Et c'est probablement pour cela qu'elle est si souvent sous-estimée.


Même chose avec un portrait réaliste


On pourrait croire que le réalisme échappe complètement à cette réflexion.

Pas du tout.

Un visage repose sur des proportions.

Des axes.

Des relations entre différentes zones.

Une organisation des masses.

Une hiérarchie visuelle.

Et dès que ce portrait doit s'intégrer dans une composition plus grande, le problème devient encore plus évident.

La géométrie n'impose donc pas un style.

Elle organise le style que tu as choisi.

C'est pourquoi la formation l'applique à des univers aussi différents que le réalisme, le pointillisme, le tribal ou les compositions abstraites.


Le stencil devrait parfois être considéré comme un deuxième dessin


Voilà une habitude que je trouve intéressante à développer.

Nous avons tendance à considérer le stencil comme :

la reproduction du dessin sur la peau.

Mais peut-être faudrait-il parfois le considérer autrement.

Comme une deuxième étape de conception.

Tu poses.

Tu observes.

Tu fais bouger le client.

Tu regardes sous plusieurs angles.

Tu vérifies la circulation du motif.

Et si nécessaire?

tu ajustes.

La formation insiste précisément sur cette nécessité d'adapter les formes aux courbes naturelles du corps plutôt que de transférer aveuglément un dessin conçu à plat.

Un stencil déplacé de quelques centimètres peut parfois changer complètement la lecture d'une pièce.

Ce n'est pas un détail.

C'est de la composition.


Fais ce test avant ton prochain tatouage


Lorsque ton stencil sera posé, ne commence pas immédiatement.

Recule.

Puis regarde ton client comme si tu découvrais le tatouage terminé.

Ne regarde pas seulement les détails.

Regarde la forme générale.

Pose-toi quelques questions :

Où mon regard va-t-il en premier ?

Le motif suit-il naturellement le corps ?

Une zone paraît-elle trop lourde ?

L'ensemble fonctionne-t-il lorsque je ne suis plus à trente centimètres ?

Que se passe-t-il lorsque le client tourne légèrement ?

La composition semble-t-elle appartenir au corps?

ou avoir simplement été collée dessus ?

Cette dernière question est particulièrement intéressante.


Un tattoo peut être beau et pourtant sembler posé sur le corps


À l'inverse, certains tatouages donnent l'impression d'avoir été conçus pour cette personne précise.

Ils accompagnent une épaule.

Suivent un bras.

Épousent une cuisse.

Utilisent les volumes.

Et parfois, on ne saurait même pas expliquer pourquoi ils paraissent tellement naturels.

C'est justement cela qui m'intéresse.

Les structures les plus efficaces sont souvent celles que le spectateur ne remarque pas consciemment.

Il ne pense pas :

« Quelle excellente utilisation de la géométrie ! »

Il pense simplement :

« Ce tatouage fonctionne. »


La géométrie est peut-être la partie que personne ne voit


Mais que tout le monde ressent.

Elle peut déterminer la manière dont les éléments dialoguent.

La façon dont le regard circule.

L'équilibre général.

L'intégration du tattoo au corps.

Et même sa lisibilité.

Voilà pourquoi je préfère parler de compétence invisible.

Le tatouage final n'a pas besoin de montrer sa construction.

Au contraire.

Quand tout fonctionne, cette construction disparaît.

Comme l'ossature d'un bâtiment.

Tu admires l'architecture.

Tu ne regardes pas les calculs qui l'empêchent de tomber.


Alors, la prochaine fois que quelque chose « cloche »?


Ne cherche pas immédiatement à ajouter un détail.

Ne modifie pas forcément ton ombrage.

Ne conclus pas trop vite que ton dessin est mauvais.

Pose-toi d'abord une autre question :

« Et si le problème venait de sa structure ? »

Peut-être découvriras-tu qu'une grande partie de ce que ton ?il ressent depuis longtemps peut être comprise.

Et donc maîtrisée.

C'est précisément l'objectif de ma formation :

L'importance de la géométrie dans le tatouage.

Non pas t'apprendre à faire des tatouages géométriques.

Mais t'apprendre à mieux voir la géométrie qui existe déjà derrière tes tatouages.

Parce qu'entre un dessin réussi et un tatouage puissant?

il y a parfois quelque chose que personne ne remarque.

Sa structure.

Je découvre L'importance de la géométrie dans le tatouage